Maxime Mansiet

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Je travaille sur l'établissement de la confiance entre des parties qui ne partagent aucune autorité. Pour les humains, et de plus en plus pour les agents IA qui agissent en leur nom. Tout ce qui suit correspond à des travaux livrés ou publiés, suivis des questions qu'ils laissent ouvertes.

Interopérabilité de la confiance entre écosystèmes

Tout portefeuille d'identité mature embarque une liste figée d'émetteurs de confiance, compilée au build et mise à jour par release. J'ai remplacé cette liste par un appel en direct, fail-closed, à un registre de confiance dans huit portefeuilles tiers : le portefeuille Android de référence EUDI, Inji de MOSIP, Talao AltMe, Sphereon, Paradym, Procivis One, SWIYU de la Confédération suisse, et Hologram de 2060.io. MOSIP tourne en triangle complet émetteur, portefeuille et vérifieur ; le portefeuille de référence EUDI est validé sur testnet face au playground Unfold de France Identité. SWIYU reste partiel : ses flux positifs et de contrôle sont acceptés sur Android, mais un chemin de requête vérifieur reste bloqué. La surface d'intégration est partout la même API HTTP de résolveur, ce qui rend l'approche portable plutôt que sur mesure.

Registres de confiance en production

Verana est un registre de registres de confiance : un registre public qui enregistre quelles entités peuvent émettre ou vérifier quels schémas de credentials dans un écosystème donné, et le processus de validation qui accorde ces permissions. J'en construis le frontend et l'outillage de credentials, dont la canonicalisation JCS, l'étiquetage linguistique BCP-47 complet, et des règles de validation lues depuis la chaîne plutôt que codées en dur. 182 pull requests fusionnées depuis février 2026. Le pendant normatif est le Trust Registry Query Protocol, approuvé comme spécification ToIP en décembre 2025, qui définit des cibles de conformité mais ne dispose encore d'aucune suite de tests.

Identité et délégation des agents

Les agents autonomes posent la même question plus tôt et plus durement : quand un agent appelle un service, qui est-il, et qui l'a autorisé à agir ? Credat est ma réponse open source, une bibliothèque TypeScript qui donne aux agents une identité vérifiable via did:web et did:key, des credentials de délégation à portée limitée, et une poignée de main de confiance mutuelle, avec des adaptateurs pour les API HTTP, LangChain et la ligne de commande. Le protocole Claw4S formalise cette poignée de main : deux agents qui ne se connaissent pas atteignent une confiance cryptographique mutuelle en exactement deux allers-retours, avec moins de 2 ms de surcoût, produisant une chaîne auditable de credentials signés et une garantie structurelle de détection d'usurpation.


Questions ouvertes

  • 1.Les registres de confiance et les listes de confiance ETSI reposent sur des hypothèses de gouvernance différentes. Où exactement ne se rejoignent-ils pas, et quel est le plus petit pont qui préserve les deux ?
  • 2.Un appel de confiance en direct est une dépendance réseau. Quel est le comportement correct quand le registre est injoignable, et le fail-closed survit-il au contact des attentes réelles des utilisateurs ?
  • 3.Comment un portefeuille doit-il présenter un verdict de confiance à quelqu'un qui n'a jamais entendu parler de registre de confiance, sans masquer la décision ni le submerger ?
  • 4.Quels mécanismes de révocation préservent la vie privée du porteur tout en gardant la réponse d'un vérifieur assez fraîche pour valoir la peine d'être demandée ?